﻿{"id":856,"date":"2021-06-06T18:05:00","date_gmt":"2021-06-06T16:05:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/?p=856"},"modified":"2021-06-06T20:13:22","modified_gmt":"2021-06-06T18:13:22","slug":"la-vente-en-ligne-de-medicaments-non-soumis-a-prescription-recherche-de-compromis-entre-activite-commerciale-et-protection-de-la-sante-publique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/index.php\/2021\/06\/06\/la-vente-en-ligne-de-medicaments-non-soumis-a-prescription-recherche-de-compromis-entre-activite-commerciale-et-protection-de-la-sante-publique\/","title":{"rendered":"La vente en ligne de m\u00e9dicaments non soumis \u00e0 prescription : Recherche de compromis entre activit\u00e9 commerciale et protection de la sant\u00e9 publique"},"content":{"rendered":"\n<p>Le pr\u00e9sent article r\u00e9dig\u00e9 par <strong><strong>Mme Marianne Fares<\/strong>, <\/strong><em>Titulaire du Master 2 Juriste europ\u00e9en et du DU DESAPS<\/em>, <em>\u00c9tudiante \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Etudes Judiciaires de Toulouse,<\/em> s&rsquo;inscrit dans le cadre de la <strong><a href=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/index.php\/2021\/06\/06\/3e-chronique-en-droits-de-la-sante-du-master-eponyme-juin-2021\/\" data-type=\"post\" data-id=\"823\">3e chronique en Droit de la sant\u00e9<\/a><\/strong> du Master avec le soutien du Journal du Droit Administratif. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"169\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-72\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT.jpg 600w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT-300x85.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Extraits du 7e bulletin de la Chaire du Dipl\u00f4me en Droit europ\u00e9en \u2013 Sant\u00e9 et Produits de Sant\u00e9 (<em>DESAPS<\/em>) de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole : <strong>La vente en ligne de m\u00e9dicaments non soumis \u00e0 prescription&nbsp;: Recherche de compromis entre activit\u00e9 commerciale et protection de la sant\u00e9 publique<\/strong> ; commentaire sous CJUE, 1<sup>er<\/sup> octobre 2020, aff. C-649\/18, <em>A contre Daniel B e.a.<\/em>, ECLI:EU:C:2020:764.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La nature de l\u2019activit\u00e9 pharmaceutique, par elle-m\u00eame complexe car dot\u00e9e d\u2019un caract\u00e8re dichotomique, n\u00e9cessite une recherche d\u2019\u00e9quilibre associant ces deux forces dissemblables<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;: c\u2019est ce qui ressort de l\u2019arr\u00eat rendu par la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne le 1<sup>er<\/sup> octobre 2020<a href=\"#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, au sujet d\u2019un service de vente en ligne de m\u00e9dicaments non soumis \u00e0 prescription m\u00e9dicale.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, au terme du pr\u00e9sent arr\u00eat, la Cour de justice a, d\u2019une part, admis qu\u2019un Etat membre puisse, dans un souci de protection de la sant\u00e9 publique et de la dignit\u00e9 de la profession de pharmacien, interdire, au prestataire de services \u00e9tabli dans un autre Etat membre, une certaine forme de publicit\u00e9 ainsi que certaines offres promotionnelles et imposer l\u2019insertion d\u2019un questionnaire de sant\u00e9 dans le processus de commande de m\u00e9dicaments en ligne, et, d\u2019autre part, refus\u00e9 qu\u2019un Etat membre prohibe, vis-\u00e0-vis de ce m\u00eame prestataire de service, le recours au r\u00e9f\u00e9rencement payant.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet arr\u00eat pr\u00e9judiciel, portant sur l\u2019interpr\u00e9tation de la directive 2000\/31\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil, du 8 juin 2000, relative \u00e0 certains aspects juridiques des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information, concerne \u00ab&nbsp;<em>un litige opposant A, une soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais exploitant une pharmacie d\u2019officine \u00e9tablie aux Pays-Bas et un site Internet ciblant sp\u00e9cifiquement la client\u00e8le fran\u00e7aise, \u00e0 plusieurs exploitants de pharmacies d\u2019officine et associations repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats professionnels des pharmaciens \u00e9tablis en France<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, ces derniers reprochant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais le recours \u00e0 une large campagne de publicit\u00e9 massive ainsi que le manquement \u00e0 leur obligation \u00ab&nbsp;<em>de faire remplir par chaque patient un questionnaire de sant\u00e9 avant la validation de sa premi\u00e8re commande<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Tel qu\u2019il ressort des conclusions pr\u00e9sent\u00e9es le 27 f\u00e9vrier 2020 par l\u2019Avocat G\u00e9n\u00e9ral Henrik Saugmandsgaard \u00d8e sous la pr\u00e9sente affaire, la Cour de justice a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 se prononcer, d\u2019une part, sur la possibilit\u00e9 pour un \u00c9tat membre de prendre des mesures visant \u00e0 limiter ou \u00e0 interdire la publicit\u00e9 faite pour le site Internet de vente en ligne de m\u00e9dicaments non soumis \u00e0 prescription d\u2019une pharmacie \u00e9tablie dans un autre \u00c9tat membre (I), et, d\u2019autre part, sur les obligations pesant sur les pharmaciens dans le processus de commande en ligne de ces m\u00eames m\u00e9dicaments (II).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><u><strong>Sur la marge de man\u0153uvre des \u00c9tats membres en mati\u00e8re de limitation de la publicit\u00e9 dans le domaine de la vente en ligne de m\u00e9dicaments non soumis \u00e0 prescription<\/strong><\/u><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 titre liminaire, il est n\u00e9cessaire de rappeler que \u00ab&nbsp;<em>le domaine de la sant\u00e9 figure parmi ceux pour lesquels l\u2019Union ne dispose que d\u2019une comp\u00e9tence dite \u00ab&nbsp;d\u2019appui&nbsp;\u00bb, ou, au mieux, d\u2019une comp\u00e9tence \u00ab&nbsp;partag\u00e9e&nbsp;\u00bb avec les Etats membres<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, il convient de noter qu\u2019en France, \u00ab&nbsp;<em>la promotion des m\u00e9dicaments, n\u00e9cessaire \u00e0 leur diffusion [\u2026] est [cependant] tr\u00e8s encadr\u00e9e afin d\u2019\u00e9viter que des comportements promotionnels ne puissent avoir des cons\u00e9quences n\u00e9gatives sur la sant\u00e9 individuelle ou publique<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le pr\u00e9sent arr\u00eat, la Cour de justice a admis qu\u2019une r\u00e9glementation nationale interdise le recours \u00e0 une certaine forme de publicit\u00e9 massive (A), en revanche, elle a refus\u00e9 qu\u2019une telle r\u00e9glementation prohibe le recours au r\u00e9f\u00e9rencement payant dans des moteurs de recherche ou des comparateurs de prix (B).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Admission par la Cour de justice de l\u2019interdiction du recours \u00e0 une certaine forme de \u00ab&nbsp;publicit\u00e9 massive&nbsp;\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>La Cour rappelle qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce \u00ab&nbsp;<em>le prestataire en cause au principal effectue une campagne de publicit\u00e9 multiforme et de large ampleur pour ses services de vente en ligne, tant au moyen de supports physiques, tels que notamment des courriers postaux ou des tracts, que par l\u2019interm\u00e9diaire de son site Internet<\/em>&nbsp;\u00bb (point 48).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter, \u00e0 cet \u00e9gard, que la Cour semble \u00e9tendre, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, le champ d\u2019application du domaine coordonn\u00e9<a href=\"#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, qui ne couvre en principe que les services fournis par voie \u00e9lectronique (dont la publicit\u00e9 en ligne), \u00e0 la publicit\u00e9 physique, dans la mesure o\u00f9 la publicit\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le prestataire appara\u00eet, dans son ensemble, \u00ab&nbsp;<em>comme un \u00e9l\u00e9ment accessoire et indissociable de son service de vente de m\u00e9dicaments en ligne duquel elle tire tout son sens \u00e9conomique<\/em>&nbsp;\u00bb (point 56).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, selon la Cour, la r\u00e9glementation fran\u00e7aise interdisant le recours \u00e0 une telle publicit\u00e9, qu\u2019elle soit physique ou en ligne, constitue \u00ab&nbsp;<em>une restriction \u00e0 la libre prestation des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information<\/em>&nbsp;\u00bb (point 62), susceptible, n\u00e9anmoins, d\u2019\u00eatre justifi\u00e9e au regard, d\u2019une part, de l\u2019objectif de protection de la dignit\u00e9 de la profession de pharmacien (1), et, d\u2019autre part, de l\u2019objectif de pr\u00e9vention contre la surconsommation de m\u00e9dicaments (2).<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li><strong><em>Publicit\u00e9 physique&nbsp;: justification de l\u2019interdiction du recours \u00e0 l\u2019asilage au regard de l\u2019objectif de protection de la dignit\u00e9 de la profession de pharmacien<\/em><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La campagne publicitaire men\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais exploitant une pharmacie d\u2019officine \u00ab&nbsp;<em>comprenait l\u2019insertion de prospectus publicitaires dans des colis exp\u00e9di\u00e9s par d\u2019autres acteurs de la vente \u00e0 distance (m\u00e9thode dite de \u00ab l\u2019asilage \u00bb) ainsi que l\u2019envoi de courriers postaux publicitaires<\/em>&nbsp;\u00bb (point 21), afin de promouvoir, sur le territoire fran\u00e7ais, son activit\u00e9 de vente en ligne de m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, il convient de noter que l\u2019Avocat g\u00e9n\u00e9ral, dans ses conclusions sous la pr\u00e9sente affaire, rel\u00e8ve le fait que \u00ab&nbsp;<em>la campagne de publicit\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e par [la pharmacie de droit n\u00e9erlandais] visait \u00e0 inciter non pas l\u2019achat de m\u00e9dicaments d\u00e9termin\u00e9s, mais bien le recours aux services de vente en ligne propos\u00e9s par cette soci\u00e9t\u00e9 pour toute une gamme de m\u00e9dicaments et de produits de parapharmacie<\/em>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cisant, de surcro\u00eet, que ce constat n\u2019est pas remis en cause par \u00ab&nbsp;<em>le fait que les prospectus publicitaires distribu\u00e9s aient [\u2026] repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 titre illustratif l\u2019un ou l\u2019autre m\u00e9dicament commun\u00e9ment utilis\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, l\u2019Avocat g\u00e9n\u00e9ral semble faire une distinction entre la \u00ab&nbsp;<em>publicit\u00e9 pour des m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb et la \u00ab&nbsp;<em>publicit\u00e9 pour une officine de pharmacie d\u00e9termin\u00e9e ou pour des services de vente en ligne qu\u2019elle fournit<\/em>&nbsp;\u00bb, consid\u00e9rant, ainsi, que l\u2019harmonisation op\u00e9r\u00e9e par la directive 2001\/83 ne concerne que \u00ab&nbsp;<em>les conditions dans lesquelles les \u00c9tats membres peuvent limiter la publicit\u00e9 pour des m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb, ce qui signifie donc que les \u00c9tats membres restent libres de r\u00e9glementer \u00ab&nbsp;<em>la publicit\u00e9 pour une officine de pharmacie d\u00e9termin\u00e9e ou pour des services de vente en ligne qu\u2019elle fournit<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de justice reconna\u00eet que, bien que la mesure en cause constitue une restriction \u00e0 la libre prestation des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information, \u00ab&nbsp;<em>une r\u00e9glementation interdisant au prestataire [\u2026] de faire une campagne de publicit\u00e9 massive et intensive, y compris en dehors de l\u2019officine et au moyen de supports physiques [\u2026], appara\u00eet comme apte \u00e0 atteindre l\u2019objectif de protection de la dignit\u00e9 de la profession de pharmacien et, en d\u00e9finitive, l\u2019objectif de protection de la sant\u00e9 publique<\/em>&nbsp;\u00bb (point 69). Sur ce point, il appara\u00eet int\u00e9ressant de noter que la Cour de justice semble faire de l\u2019objectif de protection de la dignit\u00e9 de la profession de pharmacien une composante de l\u2019objectif, plus large, de protection de la sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de justice affirme, \u00e0 ce titre, qu\u2019\u00ab&nbsp;<em>une telle pratique pr\u00e9sente un risque d\u2019assimilation des m\u00e9dicaments \u00e0 des biens de consommation ordinaires, tels que ceux concern\u00e9s par l\u2019asilage auquel il est fait recours<\/em>&nbsp;\u00bb (point 70). Sur ce point, il convient de noter que la Cour de justice a eu l\u2019occasion de rappeler \u00e0 plusieurs reprises la sp\u00e9cificit\u00e9 inh\u00e9rente aux m\u00e9dicaments, en soulignant leur \u00ab&nbsp;<em>caract\u00e8re tr\u00e8s particulier<\/em>&nbsp;\u00bb, notamment en raison de leurs effets th\u00e9rapeutiques qui les distinguent \u00ab&nbsp;<em>substantiellement des autres marchandises<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour pr\u00e9cise, par ailleurs, que \u00ab&nbsp;<em>la distribution \u00e0 grande \u00e9chelle de prospectus publicitaires v\u00e9hicule une image commerciale et mercantile de la profession de pharmacien susceptible d\u2019alt\u00e9rer la perception par le public de cette profession<\/em>&nbsp;\u00bb (point 70). \u00c0 cet&nbsp;\u00e9gard, il appara\u00eet int\u00e9ressant de relever que l\u2019exercice de la profession de pharmacien a pu \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme poss\u00e9dant un \u00ab&nbsp;<em>statut hybride [\u2026] situ\u00e9 \u00e0 un croisement, entre sant\u00e9 et commerce<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, dans la mesure o\u00f9 \u00ab&nbsp;<em>une partie de son m\u00e9tier repose [\u2026] sur des comp\u00e9tences techniques li\u00e9es \u00e0 la connaissance des m\u00e9dicaments, leur d\u00e9livrance et le conseil aux patients et l\u2019autre sur des comp\u00e9tences manag\u00e9riales li\u00e9es \u00e0 la distribution de produits<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. La doctrine a \u00e9galement pu relever que \u00ab&nbsp;<em>trois groupes professionnels sont particuli\u00e8rement hostiles \u00e0 la publicit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, parmi lesquels figurent les m\u00e9decins et les pharmaciens, avec, comme justification, le fait que \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est contre la d\u00e9valorisation de leur m\u00e9tier que ces trois professions [\u2026] se battent<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Publicit\u00e9 en ligne&nbsp;: justification de l\u2019interdiction du recours \u00e0 certaines offres promotionnelles au regard de l\u2019objectif de pr\u00e9vention contre la surconsommation de m\u00e9dicaments<\/em><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019enjeu commun \u00e0 tous les produits de sant\u00e9 est celui de s\u00e9curiser leur usage<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>. C\u2019est particuli\u00e8rement au regard de cet enjeu que la Cour de justice a admis une r\u00e9glementation visant \u00e0 interdire certaines offres promotionnelles, dans la mesure o\u00f9 l\u2019usage inappropri\u00e9 ou excessif de m\u00e9dicaments est susceptible de comporter des risques pour la sant\u00e9. En effet, la Cour a d\u00e9j\u00e0 pu rappeler, auparavant, que les effets th\u00e9rapeutiques des m\u00e9dicaments \u00ab&nbsp;<em>ont pour cons\u00e9quence que, si les m\u00e9dicaments sont consomm\u00e9s sans n\u00e9cessit\u00e9 ou de mani\u00e8re incorrecte, ils peuvent gravement nuire \u00e0 la sant\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Effectivement, en plus de la publicit\u00e9 physique, la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais \u00ab&nbsp;<em>a \u00e9galement proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la publication, sur [son] site Internet, d\u2019offres promotionnelles consistant \u00e0 octroyer un rabais sur le prix global de la commande de m\u00e9dicaments lorsque celui-ci d\u00e9passe un certain montant<\/em>&nbsp;\u00bb (point 21).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, bien que la Cour consid\u00e8re que l\u2019interdiction, pos\u00e9e par la r\u00e9glementation fran\u00e7aise, de telles offres promotionnelles \u00ab&nbsp;<em>doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme impliquant une restriction \u00e0 la libre prestation des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information<\/em>&nbsp;\u00bb (point 62), elle estime n\u00e9anmoins que l\u2019objectif invoqu\u00e9 par le gouvernement fran\u00e7ais, visant \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 pr\u00e9venir la consommation excessive ou inappropri\u00e9e de m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb (point 79), est apte \u00e0 justifier une telle interdiction et \u00ab&nbsp;<em>contribue \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un niveau \u00e9lev\u00e9 de protection de la sant\u00e9 publique<\/em>&nbsp;\u00bb (point 80), dans la mesure o\u00f9 ces pratiques \u00ab&nbsp;<em>sont susceptibles d\u2019inciter les int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 acheter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 surconsommer des m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb (point 81).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce titre, il est en effet possible de s\u2019interroger quant au message v\u00e9hicul\u00e9 par de telles promotions relatives \u00e0 des m\u00e9dicaments non-soumis \u00e0 prescription m\u00e9dicale, notamment en ce qu\u2019elles pourraient \u00eatre de nature \u00e0 encourager l\u2019autom\u00e9dication. \u00c0 cet \u00e9gard, il a pu \u00eatre observ\u00e9 que \u00ab&nbsp;<em>les campagnes en faveur de l\u2019autom\u00e9dication vont \u00e9galement dans ce sens d\u2019une plus grande consommation de m\u00e9dicaments pour des pathologies b\u00e9nignes aux frais des consommateurs<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>, alors susceptibles de conduire \u00e0 une surconsommation de m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de justice pose toutefois une condition \u00e0 l\u2019interdiction des offres promotionnelles telles que celles en cause au principal. En effet, la Cour pr\u00e9cise qu\u2019une telle interdiction doit \u00eatre \u00ab&nbsp;<em>suffisamment encadr\u00e9e, et notamment cibl\u00e9e sur les seuls m\u00e9dicaments et non sur de simples produits parapharmaceutiques<\/em>&nbsp;\u00bb (point 84). Sur ce point, la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais consid\u00e8re que la r\u00e9glementation fran\u00e7aise est disproportionn\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, \u00e0 savoir la lutte contre la surconsommation de m\u00e9dicaments, et ce, \u00ab&nbsp;<em>dans la mesure o\u00f9 elle s\u2019applique m\u00eame lorsque la commande ne comprend que des produits de parapharmacie<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>. Or, il ressort des conclusions de l\u2019Avocat g\u00e9n\u00e9ral que \u00ab&nbsp;<em>le dossier soumis \u00e0 la Cour ne permet pas de d\u00e9terminer si l\u2019article R. 4235-64 du code de la sant\u00e9 publique interdirait \u00e9galement de telles promotions lorsque le montant de la commande pris en compte pour d\u00e9terminer l\u2019obtention d\u2019un rabais couvre uniquement des produits de parapharmacie, \u00e0 l\u2019exclusion de tout m\u00e9dicament<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de justice renvoie donc \u00e0 la juridiction nationale le soin d\u2019appr\u00e9cier \u00ab&nbsp;<em>si une telle application va, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire pour prot\u00e9ger la sant\u00e9 publique<\/em>&nbsp;\u00bb (point 83).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Refus par la Cour de justice de l\u2019interdiction du recours au r\u00e9f\u00e9rencement payant<\/h3>\n\n\n\n<p>Parmi les questions adress\u00e9es \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, se posait celle de savoir si la r\u00e9glementation europ\u00e9enne permettait \u00e0 un Etat membre d\u2019interdire \u00e0 des pharmaciens ressortissants d\u2019autres Etats membres le recours au r\u00e9f\u00e9rencement payant dans des moteurs de recherche et des comparateurs de prix.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement fran\u00e7ais avance, comme justification \u00e0 l\u2019interdiction de recourir au r\u00e9f\u00e9rencement payant, le \u00ab&nbsp;<em>risque d\u2019une incidence de celui-ci sur la r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e des officines de pharmacie sur l\u2019ensemble du territoire national<\/em>&nbsp;\u00bb, dans la mesure o\u00f9 \u00ab&nbsp;<em>un tel r\u00e9f\u00e9rencement [serait] de nature \u00e0 concentrer la commercialisation des m\u00e9dicaments entre les mains des officines de taille importante<\/em>&nbsp;\u00bb (point 107). En effet, il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises admis que \u00ab&nbsp;<em>la r\u00e9partition g\u00e9ographique des officines conditionne la qualit\u00e9 de l\u2019approvisionnement de la population en m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> et que \u00ab&nbsp;<em>l\u2019am\u00e9nagement du territoire est donc un enjeu majeur<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> dans la mesure o\u00f9 il permet d\u2019assurer \u00ab&nbsp;<em>la p\u00e9rennit\u00e9 de la profession gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e des officines et donc, de la concurrence qu\u2019elles se livrent<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour consid\u00e8re cependant qu\u2019une telle interdiction \u00ab&nbsp;<em>est de nature \u00e0 restreindre l\u2019\u00e9ventail des possibilit\u00e9s pour une pharmacie de se faire conna\u00eetre aupr\u00e8s de la client\u00e8le potentielle r\u00e9sidant dans un autre \u00c9tat membre et de promouvoir le service de vente en ligne qu\u2019elle propose \u00e0 cette derni\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb (point 104), qualifiant alors cette interdiction de \u00ab&nbsp;<em>restriction \u00e0 la libre prestation des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information<\/em>&nbsp;\u00bb (point 105), et rappelant qu\u2019une telle restriction ne peut \u00eatre justifi\u00e9e que dans la mesure o\u00f9 elle serait apte \u00e0 garantir la r\u00e9alisation de l\u2019objectif de protection de la sant\u00e9 publique invoqu\u00e9, sans aller \u00ab&nbsp;<em>au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 cette fin<\/em>&nbsp;\u00bb (point 106), la preuve du respect de ces conditions pesant sur l\u2019Etat membre \u00e0 l\u2019origine de la mesure. Or, en l\u2019esp\u00e8ce, la Cour a relev\u00e9 \u00ab<em>&nbsp;que le gouvernement fran\u00e7ais n\u2019a \u00e9tay\u00e9 son affirmation g\u00e9n\u00e9rale [\u2026] par aucun \u00e9l\u00e9ment de preuve particulier<\/em>&nbsp;\u00bb (point 112).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, le refus de la Cour de justice d\u2019admettre la validit\u00e9 de la r\u00e9glementation nationale interdisant le recours au r\u00e9f\u00e9rencement payant n\u2019appara\u00eet pas comme \u00e9tant un refus absolu, dans la mesure o\u00f9 la Cour admet qu\u2019une telle r\u00e9glementation puisse \u00eatre justifi\u00e9e dans le cas o\u00f9 la France parviendrait \u00e0 \u00e9tablir d\u00fbment \u00ab&nbsp; <em>devant la juridiction de renvoi qu\u2019une telle r\u00e9glementation est apte \u00e0 garantir la r\u00e9alisation d\u2019un objectif de protection de la sant\u00e9 publique et qu\u2019elle ne va pas au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire pour que cet objectif soit atteint<\/em>&nbsp;\u00bb (point 114).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce dernier point, et de mani\u00e8re similaire \u00e0 son raisonnement dans l\u2019arr\u00eat <a><em>Deutsche Parkinson Vereinigung<\/em><\/a><a href=\"#_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>, le fait pour la Cour de faire peser une telle exigence de preuve sur le gouvernement fran\u00e7ais appara\u00eet comme \u00ab&nbsp;<em>un rappel \u00e0 l\u2019ordre \u00e0 l\u2019attention des Etats qui ne peuvent se contenter d\u2019estimer que leur r\u00e9glementation est proportionn\u00e9e sans arguments solides \u00e0 l\u2019appui de leur affirmation<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><u>Sur l\u2019obligation d\u2019ins\u00e9rer un questionnaire de sant\u00e9 dans le processus de commande en ligne<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la pr\u00e9sente affaire, il ressort des faits que \u00ab&nbsp;<em>la r\u00e9glementation nationale concern\u00e9e subordonne la validation de la premi\u00e8re commande de m\u00e9dicaments effectu\u00e9e par un patient sur le site Internet d\u2019une officine au remplissage pr\u00e9alable d\u2019un questionnaire de sant\u00e9 en ligne<\/em>&nbsp;\u00bb (point 86), dans la mesure o\u00f9, s\u2019agissant de la vente en ligne de m\u00e9dicaments, qui ne permet pas de rencontre physique entre le pharmacien et le patient, un tel questionnaire permettrait au pharmacien d\u2019assurer au patient \u00ab&nbsp;<em>la dispensation de m\u00e9dicaments la plus appropri\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, notamment \u00ab&nbsp;<em>en d\u00e9celant d\u2019\u00e9ventuelles contre-indications<\/em>&nbsp;\u00bb susceptibles d\u2019appara\u00eetre au travers des r\u00e9ponses apport\u00e9es par le patient par le biais dudit questionnaire (point 96).<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, la France justifie sa r\u00e9glementation en invoquant \u00ab&nbsp;<em>l\u2019objectif d\u2019assurer un conseil personnalis\u00e9 au patient en vue de le prot\u00e9ger contre une utilisation inappropri\u00e9e de m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb (point 92), composante de l\u2019objectif plus large de protection de la sant\u00e9 publique, dans la mesure o\u00f9 la Cour a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une telle r\u00e9glementation \u00e9tait restrictive en raison de l\u2019\u00ab&nbsp;<em>effet dissuasif<\/em>&nbsp;\u00bb qu\u2019elle produirait sur les patients souhaitant acheter des m\u00e9dicaments en ligne (point 90).<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais invoque n\u00e9anmoins le caract\u00e8re disproportionn\u00e9 d\u2019une telle r\u00e9glementation, en faisant valoir non seulement l\u2019existence d\u2019un \u00ab&nbsp;<em>\u00e9change interactif \u00e0 distance<\/em>&nbsp;\u00bb entre le patient et le pharmacien, mais \u00e9galement la mise en \u0153uvre d\u2019un contr\u00f4le au cas par cas \u00ab&nbsp;<em>sur la base de divers param\u00e8tres, parmi lesquels l\u2019historique des commandes faites par l\u2019int\u00e9ress\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, v\u00e9rifications qu\u2019elle consid\u00e8re \u00ab&nbsp;<em>suffisantes afin de pr\u00e9venir le risque d\u2019une utilisation inappropri\u00e9e de m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb (point 98).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, la Cour de justice, au titre du contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9 lui imposant de \u00ab&nbsp;<em>v\u00e9rifier s\u2019il n\u2019existe pas de mesures moins restrictives que celles pr\u00e9vues par la r\u00e9glementation en cause<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>, affirme que la r\u00e9glementation fran\u00e7aise est \u00ab&nbsp;<em>moins attentatoire \u00e0 la libert\u00e9 de circulation des marchandises qu\u2019une interdiction de vente en ligne de m\u00e9dicaments<\/em>&nbsp;\u00bb (point 99).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Cour admet ainsi la validit\u00e9 de la r\u00e9glementation visant \u00e0 imposer l\u2019insertion d\u2019un questionnaire de sant\u00e9 dans le processus de commande en ligne pour la validation de la premi\u00e8re commande.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est, \u00e0 cet \u00e9gard, possible d\u2019\u00e9tablir un parall\u00e8le avec l\u2019arr\u00eat <em>Ker Optika<\/em><a href=\"#_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> concernant la l\u00e9gislation hongroise qui interdisait la vente de lentilles de contact sur internet, en pr\u00e9voyant que \u00ab&nbsp;<em>cette vente ne pouvait avoir lieu que dans un magasin sp\u00e9cialis\u00e9 dans la vente de dispositifs m\u00e9dicaux ou par livraison \u00e0 domicile \u00e0 des fins de consommation finale<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>. La Cour avait alors relev\u00e9 le caract\u00e8re disproportionn\u00e9 d\u2019une telle l\u00e9gislation, estimant que \u00ab&nbsp;<em>si les prestations d\u2019un personnel qualifi\u00e9 s\u2019av\u00e8rent utiles lors d\u2019une premi\u00e8re prestation, elles ne s\u2019imposent en principe plus lors des livraisons ult\u00e9rieures&nbsp;<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semblerait donc d\u00e9couler de cet arr\u00eat une volont\u00e9 de la Cour de justice de prendre en consid\u00e9ration tant les sp\u00e9cificit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la vente en ligne que celles li\u00e9es aux m\u00e9dicaments, en adaptant ainsi les obligations qui p\u00e8sent sur les pharmaciens aux exigences particuli\u00e8res que soul\u00e8ve la vente de m\u00e9dicaments en ligne. En effet, \u00ab&nbsp;<em>les m\u00e9dicaments doivent pouvoir trouver leur place dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information qui est promue par le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne et les obligations d\u00e9ontologiques des pharmaciens devraient trouver une d\u00e9clinaison num\u00e9rique adapt\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Olivier Debarge, \u00ab&nbsp;La distribution au d\u00e9tail du m\u00e9dicament au sein de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne&nbsp;: un croisement entre sant\u00e9 et commerce. La d\u00e9limitation des r\u00e8gles appliqu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exploitation des officines&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue internationale de droit \u00e9conomique<\/em>, vol. t.xxv, no. 2, 2011, pp. 193-238.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> CJUE, 1<sup>er<\/sup> octobre 2020, <em>A contre Daniel B e.a.<\/em>, aff. C-649\/18, ECLI:EU:C:2020:764.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> <a>Conclusions <\/a><a>de l\u2019Avocat G\u00e9n\u00e9ral <\/a><a>Henrik Saugmandsgaard \u00d8e pr\u00e9sent\u00e9es le 27 f\u00e9vrier 2020<\/a> sous l\u2019affaire C-649\/18.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <a>Nathalie De Grove-Valdeyron<\/a>, <em>Droit europ\u00e9en de la sant\u00e9<\/em>, LGDJ, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition, p. 9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> <a>Jacques Raimondeau, \u00ab&nbsp;Chapitre 7. Les produits de sant\u00e9&nbsp;\u00bb, <\/a><em>in<\/em> Jacques&nbsp;Raimondeau,&nbsp;<em>L&rsquo;\u00e9preuve de sant\u00e9 publique<\/em>, Presses de l\u2019EHESP, 3<sup>e<\/sup> \u00e9dition, Rennes, 2018, pp. 157-182.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> La Cour de justice a rappel\u00e9 la d\u00e9finition du \u00ab&nbsp;domaine coordonn\u00e9&nbsp;\u00bb, telle que pr\u00e9vue par la directive 2000\/31\/CE, qui vise \u00ab&nbsp;<em>les exigences pr\u00e9vues par les syst\u00e8mes juridiques des \u00c9tats membres et applicables aux prestataires des services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information ou aux services de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information, qu\u2019elles rev\u00eatent un caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral ou qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement con\u00e7ues pour eux<\/em>&nbsp;\u00bb (point 7 du pr\u00e9sent arr\u00eat).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> <a>Conclusions de l\u2019Avocat G\u00e9n\u00e9ral Henrik Saugmandsgaard \u00d8e pr\u00e9sent\u00e9es le 27 f\u00e9vrier 2020 sous l\u2019affaire C-649\/18 <\/a>(point 51).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> <a><em>Ibid<\/em>. <\/a>(point 53).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> CJUE, 19 mai 2009<em>, Apothekerkammer des Saarlandes<\/em>, aff. C\u2011171\/07 et C\u2011172\/07, ECLI:EU:C:2009:316 (point 31).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> <a>Olivier Debarge, \u00ab&nbsp;La distribution au d\u00e9tail du m\u00e9dicament au sein de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne&nbsp;: un croisement entre sant\u00e9 et commerce. La d\u00e9limitation des r\u00e8gles appliqu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exploitation des officines&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Gr\u00e9gory Reyes, \u00ab&nbsp;Le m\u00e9tier de pharmacien titulaire d&rsquo;officine face \u00e0 l&rsquo;incertitude du march\u00e9 de la sant\u00e9&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>RIMHE&nbsp;: Revue Interdisciplinaire Management, Homme &amp; Entreprise<\/em>, vol. 8, no. 4, 2013, pp. 88-104.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Karine Berthelot-Guiet, \u00ab&nbsp;Chapitre 2. Quel contexte pour le&nbsp;discours publicitaire&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>in<\/em> Karine Berthelot-Guiet (dir.),<em> Analyser les discours publicitaires<\/em>, Armand Colin, 2015, pp. 49-83.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Jacques Raimondeau, \u00ab&nbsp;Chapitre 7. Les produits de sant\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> CJUE, 19&nbsp;mai 2009, <em>Apothekerkammer des Saarlandes e.a.<\/em>, C\u2011171\/07 et C\u2011172\/07, EU:C:2009:316 (point 32).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> Marie-Paule Serre et D\u00e9borah&nbsp;Wallet-Wodka, \u00ab&nbsp;Chapitre 4. Le consommateur de sant\u00e9&nbsp;\u00bb, in Marie-Paule Serre et D\u00e9borah&nbsp;Wallet-Wodka (dir.),&nbsp;<em>Marketing des produits de sant\u00e9<\/em>, Dunod, 2014, pp. 145-176.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> Conclusions de l\u2019Avocat G\u00e9n\u00e9ral Henrik Saugmandsgaard \u00d8e pr\u00e9sent\u00e9es le 27 f\u00e9vrier 2020 sous l\u2019affaire C-649\/18 (point 99).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> Olivier Debarge, \u00ab&nbsp;La distribution au d\u00e9tail du m\u00e9dicament au sein de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne&nbsp;: un croisement entre sant\u00e9 et commerce. La d\u00e9limitation des r\u00e8gles appliqu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exploitation des officines&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> CJUE, 19 octobre 2016, <em>Deutsche Parkinson Vereinigung<\/em>, aff. C-148\/15, ECLI:EU:C:2016:776.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Nathalie De Grove-Valdeyron, <em>Droit du march\u00e9 int\u00e9rieur europ\u00e9en<\/em>, LGDJ, 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition, p.88.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> <a>Nathalie De Grove-Valdeyron, <em>Droit europ\u00e9en de la sant\u00e9<\/em>, <\/a><em>op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> CJUE, 2 d\u00e9cembre 2010, <em>Ker Optika<\/em>, aff. 108\/09, ECLI:EU:C:2010:725.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> Nathalie De Grove-Valdeyron, <em>Droit europ\u00e9en de la sant\u00e9<\/em>, <em>op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> \u00ab&nbsp;Focus&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Les Tribunes de la sant\u00e9<\/em>, vol. 38, no. 1, 2013, pp. 11-20.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article r\u00e9dig\u00e9 par Mme Marianne Fares, Titulaire du Master 2 Juriste europ\u00e9en et du DU DESAPS, \u00c9tudiante \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Etudes Judiciaires de Toulouse, s&rsquo;inscrit dans le cadre de la 3e chronique en Droit de la sant\u00e9 du Master avec le soutien du Journal du Droit Administratif. 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