﻿{"id":1444,"date":"2021-11-23T18:02:52","date_gmt":"2021-11-23T17:02:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/?p=1444"},"modified":"2022-11-30T12:08:02","modified_gmt":"2022-11-30T11:08:02","slug":"sil-te-plait-apprivoise-moi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/index.php\/2021\/11\/23\/sil-te-plait-apprivoise-moi\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0S\u2019il te pla\u00eet, apprivoise-moi\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Le pr\u00e9sent article s&rsquo;inscrit dans le cadre de la  <strong><a href=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/index.php\/2021\/12\/16\/5e-chronique-en-droits-de-la-sante-du-master-eponyme-decembre-2021\/\" data-type=\"post\" data-id=\"1482\">5e chronique en Droit de la Sant\u00e9<\/a><\/strong> du Master Droit de la Sant\u00e9 (UT1 Capitole) avec le soutien du Journal du Droit Administratif. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"169\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-72\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT.jpg 600w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/JDA600169LGT-300x85.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0<em>S\u2019il te pla\u00eet, apprivoise-moi<\/em>\u00a0\u00bb<\/strong> <br>Compte rendu <\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-rounded\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/MTD500700.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-458\" width=\"330\" height=\"462\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/MTD500700.jpg 500w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/MTD500700-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/MTD500700-43x60.jpg 43w\" sizes=\"(max-width: 330px) 100vw, 330px\" \/><figcaption>par M. le professeur <strong>Mathieu Touzeil-Divina<\/strong><br>Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole <br>Co-directeur du Master Droit de la Sant\u00e9<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/horvilleur.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1445\" width=\"508\" height=\"801\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/horvilleur.jpg 600w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/horvilleur-190x300.jpg 190w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/horvilleur-38x60.jpg 38w\" sizes=\"(max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"> <strong>Horvilleur Delphine, <\/strong><br><strong><em>Vivre avec nos morts<\/em>&nbsp;; Paris, Grasset&nbsp;; 2021.<\/strong> <\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019auditeur de plusieurs grandes maisons radiophoniques conna\u00eet \u00e9videmment l\u2019auteure de l\u2019ouvrage dont il est ici rendu compte, Delphine Horvilleur. Rabbin du \u00ab&nbsp;Juda\u00efsme en mouvement&nbsp;\u00bb, elle a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 de nombreux ouvrages mais aucun, <em>a priori<\/em> et sauf omission, ne concerne directement et juridiquement le(s) droit(s) et pas m\u00eame ceux de la sant\u00e9. Bref, mais on s\u2019en doutait un peu, l\u2019auteure n\u2019est pas juriste (et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 peut-\u00eatre une premi\u00e8re qualit\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019int\u00e9grer son <em>opus <\/em>\u00ab&nbsp;<em>Vivre avec nos morts<\/em>&nbsp;\u00bb car il rejoint, pr\u00e9cis\u00e9ment, une des th\u00e9matiques ch\u00e8res au(x) droit(s) de la sant\u00e9&nbsp;; th\u00e9matique que la pr\u00e9sente chronique accueille \u00e0 bras ouverts&nbsp;: le(s) droit(s) \u00e9prouv\u00e9(s) par le(s) citoyen(s). Il est effectivement non seulement opportun mais obligatoire \u00e0 nos yeux de toujours se demander comment les droits sont non seulement re\u00e7us mais encore mis en \u0153uvre(s) et ressentis par leurs premiers destinataires. Par ailleurs, en consacrant ce livre \u00e0 la Mort et \u00e0 la fin des vies, Delphine Horvilleur rejoint l\u2019une des branches du droit de la sant\u00e9, celle du dernier souffle de vie. Partant \u2013 que l\u2019on soit juriste ou non \u2013 elle tente de nous faire approcher un sujet que nombre d\u2019entre nous ne souhaiterait jamais aborder&nbsp;: celui de nos propres r\u00e9actions face \u00e0 la Mort comme si le sujet pouvait \u2013 en humanit\u00e9 avant tout \u2013 \u00eatre r\u00e9ellement apprivois\u00e9 alors que quiconque la rencontre ne semble que pouvoir la subir ou la fuir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/DDD.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1459\" width=\"434\" height=\"606\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/DDD.jpg 622w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/DDD-215x300.jpg 215w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/DDD-43x60.jpg 43w\" sizes=\"(max-width: 434px) 100vw, 434px\" \/><figcaption>cf. en ligne : <br><a href=\"https:\/\/www.defenseurdesdroits.fr\/fr\/rapports\/2021\/10\/rapport-des-droits-graves-dans-le-marbre-la-personne-defunte-et-ses-proches-face-au\">https:\/\/www.defenseurdesdroits.fr\/fr\/rapports\/2021\/10\/rapport-des-droits-graves-dans-le-marbre-la-personne-defunte-et-ses-proches-face-au<\/a><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, en Droit, c&rsquo;est aussi un constat que d\u00e9passe la D\u00e9fenseure des Droits dans son \u00ab\u00a0rapport fun\u00e9raire\u00a0\u00bb de 2021 et dans lequel elle appelle \u00e0 davantage &#8211; pr\u00e9cis\u00e9ment &#8211; de droit(s) autour de la Mort et surtout de celles et de ceux qu&rsquo;elle rend esseul\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>La voici donc, l\u2019h\u00e9ro\u00efne du livre<a href=\"#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>&nbsp;: <\/em><\/strong><br><strong><em>la Mort.<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Et comme l\u2019on sait qu\u2019elle va entra\u00eener avec elle son in\u00e9vitable cort\u00e8ge de fleurs, de pleurs et d\u2019humeurs, on nous en propose en sous-titre un \u00ab&nbsp;<em>petit trait\u00e9 de consolation<\/em>&nbsp;\u00bb. Tel sera peut-\u00eatre pourtant l\u2019un des rares reproches que l\u2019on pourra faire \u00e0 son auteure. Car si nous avons tr\u00e8s sinc\u00e8rement beaucoup aim\u00e9 et appris au fil des pages de ce formidable recueil construit \u00e0 partir de onze t\u00e9moignages-chapitres portant chacun le nom d\u2019une ou d\u2019un d\u00e9funt(e), nous n\u2019y avons pas vu ou per\u00e7u un instrument de consolation mais plut\u00f4t un guide d\u2019adoption que l\u2019on r\u00e9digerait \u00e0 destination des futurs ma\u00eetres d\u2019un animal indomptable et auxquels on dirait&nbsp;: nos conseils ne vous serviront s\u00fbrement pas \u00e0 apprivoiser ce qui ne peut l\u2019\u00eatre mais au moins \u00e0 oser le regarder et \u00e0 essayer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>\u00ab&nbsp;Allons &amp; voyons&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est par ces mots du <em>Sermon sur la Mort <\/em>(1662) de Bossuet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>c\u2019est une \u00e9trange faiblesse de l\u2019esprit humain que jamais la mort ne lui soit pr\u00e9sente, quoiqu\u2019elle se mette en vue de tous c\u00f4t\u00e9s, et en mille formes diverses. On n\u2019entend dans les fun\u00e9railles que des paroles d\u2019\u00e9tonnement de ce que ce mortel est mort<\/em>&nbsp;\u00bb \u2026<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u2026que nous avons souvent introduit nos le\u00e7ons, cours ou consid\u00e9rations sur le(s) droit(s) de la Mort<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. En effet, voil\u00e0 bien une r\u00e9action toute humaine et singuli\u00e8rement toute contemporaine, moderne et occidentale que de croire qu\u2019en enfermant la Mort dans un cercueil puis dans la terre (ou en la faisant br\u00fbler) puis en la contenant dans un espace \u2013 lui aussi ferm\u00e9 et d\u00e9tach\u00e9 des regards (p. 82 et s.) \u2013 (le cimeti\u00e8re mais d\u00e9sormais aussi l\u2019espace cin\u00e9raire), elle n\u2019existera plus. Le rite fun\u00e9raire juif se conclut d\u2019ailleurs aussi par cette \u00ab&nbsp;cl\u00f4ture&nbsp;\u00bb ou fermeture du linceul (p. 50)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>Un dernier d\u00e9tail cl\u00f4ture (sic) la pr\u00e9paration des morts dans la tradition juive&nbsp;: le linceul doit \u00eatre cousu \u00e0 ses extr\u00e9mit\u00e9s, et ainsi referm\u00e9 juste avant que le corps ne soit pr\u00eat \u00e0 \u00eatre inhum\u00e9. Le v\u00eatement des morts est clos, et cette couture scelle leur d\u00e9part<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et l\u2019auteure de rappeler m\u00eame un souvenir d\u2019enfance (p. 82)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>Ma m\u00e8re nous interdisait d\u2019entrer dans un cimeti\u00e8re. Vieille superstition ashk\u00e9naze&nbsp;: ne pas faire approcher les enfants de la mort. Je suppose qu\u2019on s\u2019imagine ainsi la tenir herm\u00e9tiquement \u00e0 distance<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mettez cependant vos deux mains sur vos yeux. \u00c7a y est&nbsp;? Non, vous avez trich\u00e9 puisque vous me lisez. \u00c7a y est&nbsp;? \u2026 Bon, vous le lirez plus tard mais sachez que si vous l\u2019avez fait m\u00eame si dans votre champ de vision, ce texte n\u2019existait plus, il n\u2019emp\u00eache qu\u2019il \u00e9tait toujours l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>La Mort aussi. Tout le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est in\u00e9vitable et aussi humaine et certaine que la vie elle-m\u00eame. Nous devons par ailleurs la vie \u00e0 la mort de cellules premi\u00e8res rappelle, comme pour normaliser l\u2019exp\u00e9rience, l\u2019auteure (p. 20).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, oui, il faut oser, aller et regarder et c\u2019est \u00e0 cela que nous entra\u00eene, en nous tenant la main, en nous rassurant, en nous conseillant, Delphine Horvilleur. Et pour cela et de cela il faut l\u2019en remercier mille fois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>Entre les religions, <\/em><\/strong><br><strong><em>un t\u00e9moignage fait de portraits <\/em><\/strong><br><strong><em>&amp; d\u2019accompagnements.<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est, sans le vouloir on l\u2019imagine, une \u00e9quipe de football fun\u00e9raire qu\u2019a r\u00e9unie dans son \u0153uvre Delphine Horvilleur. Onze d\u00e9funts en un autre \u00c9vangile y sont \u00e9voqu\u00e9s avec humour, avec tendresse, avec sinc\u00e9rit\u00e9 et avec toujours en filigrane, ce rapport qu\u2019eux-m\u00eames, leurs proches ou leurs absents ont eu ou refus\u00e9 d\u2019avoir avec la Mort. Le rabbin Horvilleur en est \u00e0 la fois t\u00e9moin puis acteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, l\u2019acteur ne cache pas son r\u00f4le particulier au seuil de la Mort de ses fr\u00e8res et s\u0153urs en communaut\u00e9. Elle est rabbin et accomplit en cons\u00e9quence parfois la lecture du tristement c\u00e9l\u00e8bre qaddich ou \u05e7\u05d3\u05d9\u05e9 en langue aram\u00e9enne (ainsi directement adress\u00e9e au Tr\u00e8s-Haut).<\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moignages et les r\u00e9cits que nous confie Delphine Horvilleur se font par suite tant dans l\u2019intimit\u00e9 que dans l\u2019humilit\u00e9 et l\u2019Humanit\u00e9. On ne re\u00e7oit pas une \u00ab&nbsp;le\u00e7on&nbsp;\u00bb (ou alors de vie&nbsp;!), on entend des confidences, des secrets partag\u00e9s, une confiance manifeste dans l\u2019autre et son respect (p. 112 et s.)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>Personne ne sait parler de la mort, et c\u2019est peut-\u00eatre la d\u00e9finition la plus exacte que l\u2019on puisse en donner<\/em>. Elle \u00e9chappe aux mots, car elle signe pr\u00e9cis\u00e9ment la fin de la parole<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tout est ici r\u00e9sum\u00e9&nbsp;: on sait que l\u2019on ne pourra pas mais on essaie, et l\u2019on accompagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, disons-le tr\u00e8s simplement, l\u2019ouvrage n\u2019est pas destin\u00e9 seulement ou forc\u00e9ment aux lecteurs et aux lectrices de confession juive et ne pas l\u2019\u00eatre n\u2019emp\u00eache en rien ni la lecture ni l\u2019accompagnement qu\u2019en offre son auteure. Redisons-le, c\u2019est en Humanit\u00e9 qu\u2019on s\u2019y sent accompagn\u00e9 que l\u2019on soit croyant ou ath\u00e9e, Juif ou d\u2019une autre religion.<\/p>\n\n\n\n<p>Accompagner, telle est bien la mission dont rel\u00e8ve ici le rabbinat de l\u2019auteure (p. 80 et s.)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab&nbsp;Je crois que jamais mieux que ce jour-l\u00e0, je n&rsquo;ai compris mon r\u00f4le et ce \u00e0 quoi sert un officiant au cimeti\u00e8re. Accompagner les endeuill\u00e9s, non pas pour leur apprendre quelque chose qu&rsquo;ils ne savaient d\u00e9j\u00e0, mais pour leur traduire ce qu&rsquo;ils vous ont dit, afin qu&rsquo;ils puissent l&rsquo;entendre \u00e0 leur tour. Et s&rsquo;assurer ainsi que le r\u00e9cit qui a quitt\u00e9 leur bouche revienne \u00e0 leurs oreilles par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;une voix qui n&rsquo;est pas la leur, enfin pas tout \u00e0 fait, une voix qui fait dialoguer leurs mots avec ceux d&rsquo;une tradition ancestrale, transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, aux \u00ab&nbsp;bons&nbsp;\u00bb et aux \u00ab&nbsp;mauvais \u00bb juifs et \u00e0 ceux qui font comme ils peuvent&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>La Mort invisible que l\u2019on pourrait voir\u2026 <\/em><\/strong><br><strong><em>malgr\u00e9 les pand\u00e9mies.<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie contemporaine, qu\u2019\u00e9voque naturellement Delphine Horvilleur (p. 15) d\u00e8s le premier de ses chapitres, n\u2019a malheureusement fait qu\u2019accentuer le ph\u00e9nom\u00e8ne que nous condamnons d\u2019invisibilisation de la Mort<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> et que d\u2019autres essais, par exemple \u00e0 l\u2019aune de la religion et des rites catholiques, d\u2019aucuns<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> ont pu qualifier de \u00ab&nbsp;<em>Mort confisqu\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb. Cach\u00e9e, dissimul\u00e9e, la Mort a toujours plus \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e (au moins de mars \u00e0 fin d\u00e9cembre 2020) puisque jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9cision (de condamnation) du Conseil d\u2019\u00c9tat du 22 d\u00e9cembre 2020<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a> entra\u00eenant une modification de la l\u00e9gislation fun\u00e9raire, la Mort et les morts ont \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9s, par pr\u00e9caution et peur de transmission, aux yeux m\u00eames des proches et des parents&nbsp;; la plupart des soins rituels ayant m\u00eame \u00e9t\u00e9 prohib\u00e9s<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. Un ultime confinement \u00e9tant alors impos\u00e9 aux d\u00e9funts apr\u00e8s avoir seulement concern\u00e9 les vivants<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>. Delphine Horvilleur, quant \u00e0 elle, ne dissimule rien du malheur ou des peurs&nbsp;; elle les affronte et y fait fac en nous engageant \u00e0 au moins essayer de suivre ses pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Voir les ou plut\u00f4t \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb Mort, la religion juive y incite pourtant nous rappelle l\u2019auteure (p.37 et s.) qui donne au lecteur la signification <em>a priori <\/em>premi\u00e8re de ces cailloux laiss\u00e9s par les visiteurs sur les s\u00e9pultures de leurs d\u00e9funts. Ils indiquent bien s\u00fbr, aujourd\u2019hui, aux autres vivants que l\u2019on ait pass\u00e9, que l\u2019on a pens\u00e9 aux d\u00e9funts, que l\u2019on se les ai rappel\u00e9s mais ils signalent aussi une tombe, un des lieux de la Mort pour celles et ceux qui avaient autrefois l\u2019interdiction de l\u2019approcher. Aujourd\u2019hui, cependant, \u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>Contrairement aux fleurs qui fanent, les cailloux restent et disent la force du souvenir. Ils racontent la place inalt\u00e9rable qu\u2019occupent les disparus dans la vie de ceux qui leur survivent.<\/em> <\/p><p><em>Et puis le caillou, en h\u00e9breu, porte un nom particulier, dont le signifiant cach\u00e9 a valeur de puissant symbole. Un caillou se dit Ebben, et ce mot, une fois fendu, en r\u00e9v\u00e8le deux qu\u2019il semble avoir fait fusionner \u00ab&nbsp;ab&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;ben&nbsp;\u00bb, le \u00ab&nbsp;parent&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;l\u2019enfant&nbsp;\u00bb.<\/em> <\/p><p><em>Poser un caillou sur une tombe, c\u2019est <\/em>[d\u00e9sormais] <em>d\u00e9clarer \u00e0 celui ou \u00e0 celle qui y repose que l\u2019on s\u2019inscrit dans son h\u00e9ritage (\u2026). La pierre dit la filiation, r\u00e9elle ou fictive, mais toujours v\u00e9ritable<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une autre religion abrahamique, ajoutons-nous, n\u2019a-t-elle pas bas\u00e9 sa famille et donc son h\u00e9ritage \u00e9galement sur ce m\u00eame terme&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu es Pierre, et sur cette pierre je b\u00e2tirai mon \u00c9glise<\/em>&nbsp;\u00bb rel\u00e8ve en effet saint-Matthieu en son \u00c9vangile (chapitre 16, versets 13 \u00e0 23).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>\u00ab&nbsp;LeH\u2019ayim&nbsp;\u00bb&nbsp;; <\/em><\/strong><br><strong><em>\u00ab&nbsp;A la vie&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est une expression qui revient comme une ritournelle dans l\u2019ouvrage de Delphine Horvilleur. \u00ab&nbsp;<em>A la vie<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>LeH\u2019ayim<\/em>&nbsp;\u00bb nous incite-t-elle \u00e0 trinquer \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s (p. 25 et s.) comme pour rappeler plusieurs paradoxes conjurant la Mort&nbsp;: buvons \u00e0 la vie et enfermons-l\u00e0 dans ce lieu (le cimeti\u00e8re) que la langue des H\u00e9breux nomme <em>Beit haH\u2019ayim <\/em>c\u2019est-\u00e0-dire \u2013 pr\u00e9cis\u00e9ment \u2013 la \u00ab&nbsp;<em>maison des vivants<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;! Il est vrai cela dit (en Droit \u00e9galement) que les cimeti\u00e8res sont <em>a priori <\/em>aussi \u2013 sinon surtout \u2013 faits par les vivants certes \u00e0 la m\u00e9moire des morts mais pour et par les vivants. Ne dit-on ainsi pas du cimeti\u00e8re en droit administratif qu\u2019il est un lieu de domanialit\u00e9 publique parce qu\u2019il serait affect\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 l\u2019usage direct de tous<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; le \u00ab&nbsp;tous&nbsp;\u00bb \u00e9tant n\u00e9cessairement l\u2019assembl\u00e9e des vivants puisque le Mort, en droit fran\u00e7ais et \u00e0 notre grand regret<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>, n\u2019a pas v\u00e9ritablement de \u00ab&nbsp;droit(s)&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec malice et humour, qu\u2019\u00e0 plusieurs reprises, Delphine Horvilleur rappelle \u00e9galement ce quasi-mantra qui semble conjurer la Mort en la d\u00e9fiant d\u2019un \u00ab&nbsp;<em>LeH\u2019ayim&nbsp;\u00bb&nbsp;! <\/em>puis d\u2019un \u00ab&nbsp;<em>D\u00e9sol\u00e9, on n\u2019est pas l\u00e0. Repassez plus tard<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 25)&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"352\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/got-game-of-thrones.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-1449\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>On croirait entendre le personnage d\u2019Arya Stark dans <em>Games of Thrones <\/em>lorsqu\u2019elle nargue la Mort en la d\u00e9fiant apr\u00e8s une interrogation na\u00efve&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>What do we say to the God of Death<\/em>&nbsp;\u00bb ? \u00ab&nbsp;<em>Not today<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;! Pas aujourd\u2019hui, c\u00e9l\u00e9brons donc la vie puisque nous le pouvons. Et c\u00e9l\u00e9brons aussi la Mort en ce qu\u2019elle en fait partie nous invite \u00e0 songer l\u2019auteur de \u00ab&nbsp;<em>vivre avec nos morts<\/em>&nbsp;\u00bb dont le titre \u2013 pr\u00e9cis\u00e9ment \u2013 revient sur cette paradoxale mais in\u00e9vitable cohabitation des d\u00e9funts et de leurs orphelins que nous sommes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"691\" height=\"933\" src=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/ZZZ-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1452\" srcset=\"http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/ZZZ-1.png 691w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/ZZZ-1-222x300.png 222w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/ZZZ-1-124x166.png 124w, http:\/\/www.master-droit-sante.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/ZZZ-1-44x60.png 44w\" sizes=\"(max-width: 691px) 100vw, 691px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En grec ancien, la lettre Z (le Z\u00eata) est l\u2019initiale du terme \u03b6\u1fc7 signifiant \u00ab&nbsp;il est vivant&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;en vie&nbsp;\u00bb comme pour conjurer la mort de l\u2019innocent dans cet incroyable et magnifique film<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> de Costa-Gavras. Par suite, \u00ab&nbsp;<em>choisir la vie<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 104), telle est bien l\u2019option que nous engage \u00e0 apprivoiser et \u00e0 assumer au fil de ses pages, Delphine Horvilleur et l\u2019on ne peut que l\u2019en remercier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>\u00ab&nbsp;S\u2019il te pla\u00eet, <\/em><\/strong><br><strong><em>apprivoise-moi&nbsp;\u00bb\u2026<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Elle aura beau supplier et se faire aussi touchante que le Petit Prince d\u2019un Saint-Exup\u00e9ry, personne ne veut ni ne peut apprivoiser la Mort et en tout cas pas celle des autres. En revanche, et gr\u00e2ce \u00e0 Mme Horvilleur, notamment, on peut d\u00e9sormais essayer et cela change tout car c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela, le point commun entre le Droit et l\u2019Humanit\u00e9&nbsp;: l\u2019id\u00e9e du \u00ab&nbsp;bien commun&nbsp;\u00bb et ce, quelle que soit la religion, la croyance ou la citoyennet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> D\u2019o\u00f9 l\u2019emploi au pr\u00e9sent compte rendu de sa majuscule personnifiante.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Dont&nbsp;: Touzeil-Divina Mathieu, Bouteille-Brigant Magali &amp; Boudet Jean-Fran\u00e7ois (dir.), <em>Trait\u00e9 des nouveaux droits de la mort&nbsp;<\/em>; Le Mans, L\u2019Epitoge&nbsp;; 2014 (2 vol.) ou encore <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/societe\/2014\/11\/01\/droit-de-la-mort-allons-et-voyons_1134161\/\">aux c\u00f4t\u00e9s du docteur Philippe Charlier, \u00ab&nbsp;Droit de la mort : \u00ab Allons et voyons ! \u00bb&nbsp; <em>in Lib\u00e9ration<\/em> dat\u00e9e du 1<sup>er<\/sup> novembre 2014<\/a>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Si la religion juive explique (p. 212 notamment) Delphine Horvilleur prohibe de regarder les morts, c\u2019est-\u00e0-dire ceux et celles que \u00ab&nbsp;LA&nbsp;\u00bb Mort emporte, c\u2019est bien cette derni\u00e8re que l\u2019auteure entend essayer de regarder en face et non ses victimes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> De Cacqueray Christian, <em>La mort confisqu\u00e9e&nbsp;<\/em>; Paris, Cld&nbsp;; 2002.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> CE, 22 d\u00e9cembre 2020, <em>Escolano &amp; alii<\/em> (req. 439804 &amp; <em>alii<\/em>). Ladite jurisprudence a par ailleurs \u00e9t\u00e9 comment\u00e9e par nos soins au <em>Jcp A <\/em>n\u00b003 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> <em>Cf. <\/em>dans leurs versions premi\u00e8res (avant annulation)&nbsp;: les d\u00e9crets n\u00b02020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures g\u00e9n\u00e9rales n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 dans le cadre de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire ; n\u00b02020-352 du 27 mars 2020 portant adaptation des r\u00e8gles fun\u00e9raires en raison des circonstances exceptionnelles li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 ; n\u00b02020-384 du 1er avril 2020 compl\u00e9tant le d\u00e9cret n\u00b02020-293 , n\u00b02020-446 du 18 avril 2020 relatif \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement du certificat de d\u00e9c\u00e8s ; n\u00b02020-497 du 30 avril 2020 compl\u00e9tant le d\u00e9cret n\u00b02020-293 ; n\u00b02020-548 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures g\u00e9n\u00e9rales n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 dans le cadre de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire ; n\u00b02020-648 du 27 mai 2020 modifiant le contenu et les modalit\u00e9s de d\u00e9livrance des dipl\u00f4mes dans le secteur des services fun\u00e9raires ; n\u00b02020-663 du 31 mai 2020 prescrivant les mesures g\u00e9n\u00e9rales n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 ; n\u00b02020-724 du 14 juin 2020 modifiant le d\u00e9cret n\u00b0 2020-663 ; n\u00b02020-750 du 16 juin 2020 relatif \u00e0 l\u2019obligation de fournir une attestation de conformit\u00e9 des v\u00e9hicules fun\u00e9raires ; n\u00b02020-917 du 28 juillet 2020 relatif \u00e0 la dur\u00e9e de l&rsquo;habilitation dans le secteur fun\u00e9raire et \u00e0 la housse mortuaire.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> On se permettra de renvoyer en ce sens \u00e0&nbsp;: Touzeil-Divina Mathieu, \u00ab&nbsp;Droit(s) fun\u00e9raire(s) &amp; coronavirus : &nbsp;l\u2019autre confinement&nbsp;\u00bb <em>in <\/em>Lami Arnaud (dir.), <em>La pand\u00e9mie de Covid-19&nbsp;; les syst\u00e8mes juridiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la crise sanitaire&nbsp;<\/em>; Bruxelles, Bruylant&nbsp;; 2021&nbsp;; p. 129 et s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Outre la conclusion commune du <em>trait\u00e9 pr\u00e9c. des nouveaux droit(s) de la Mort<\/em>, on renverra en ce sens au dernier chapitre de nos <em>Dix mythes du droit public&nbsp;<\/em>; Paris, Lextenso&nbsp;; 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> <em>Z<\/em> (film franco-alg\u00e9rien de 1969).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article s&rsquo;inscrit dans le cadre de la 5e chronique en Droit de la Sant\u00e9 du Master Droit de la Sant\u00e9 (UT1 Capitole) avec le soutien du Journal du Droit Administratif. \u00ab\u00a0S\u2019il te pla\u00eet, apprivoise-moi\u00a0\u00bb Compte rendu Horvilleur Delphine, Vivre avec nos morts&nbsp;; Paris, Grasset&nbsp;; 2021. 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